Discographie

William Blank Grammont Portrait

trio à cordes (1995/7)

anacrousis (2001) pour percussion solo

cris (1999) pour piano et ensemble

...ebbe(n) pour grand orchestre (2000)  → complete audio track

ensemble contrechamps/osr/tschamper/lively/luisi

CD MGB CTS-M 79

  • Lire la critique du Temps
Julian Sykes

William Blank. Trio à cordes, Anacrousis, Cris et Ebbe (n). (Musiques Suisses MGB CTS-M79/Grammont)

William Blank a interrompu une carrière de percussionniste à l'Orchestre de la Suisse romande pour se consacrer entièrement à la composition. Ce qui frappe, c'est le caractère déchirant de ses œuvres. Douleur de l'être, blessures liées aux injustices: il y a une nécessité, dans sa musique, qui semble vouloir traduire l'indicible. La douleur est toujours à fleur de peau; elle hurle, comme dans le mouvement initial du Trio à cordes, mais voilà qu'elle se résorbe temporairement. La plaie ne se referme jamais: elle ouvre la porte à une introspection telle que l'illustre Anacrousis pour percussion solo, magnifique pièce dont le climat évoque un rituel tibétain. William Blank questionne le monde, mais au lieu d'adhérer à une lecture première des événements qui le heurtent, il en sonde la vacuité absurde. Cris, pour piano et ensemble, traduit avec une rage presque physique l'état d'urgence dans laquelle se trouve tout individu lorsqu'il est coupé de lui-même. Le geste oscille entre des émergences brutales – image de la révolte – et des plages sonores étales, comme pour signifier le repli sur soi. Ebbe (n) pour grand orchestre explore cette même pulsation entre des éclats abrupts et de longs passages en suspens. Les musiciens de l'Ensemble Contrechamps et de l'OSR servent au mieux ce langage. La notice explicative de Philippe Albèra livre les clés pour accéder à un univers très personnel.

  • Read the musicweb-international's RECORDING OF THE MONTH

Looking at the titles of some of these works — Crash!, Screams — and reading that the composer made his firm commitment to serial music at the age of 20 in 1977 (That’s roughly equivalent to a Russian joining the Communist Party for the first time in 1990 in the sense that in 1976 Philip Glass’s "Einstein on the Beach" had opened at the Metropolitan Opera in New York, and within a year the anti-serialist Neo-Romantic revolution was in full swing world-wide.). When I put the disk on to play I wasn’t expecting to enjoy or even make any sense of what I heard.

Imagine my surprise and delight then to discover what wonderful music this is! Yes, Blank uses some rough sounds, but he accomplishes much more with them than, say, Boulez or Varèse accomplish with these very same sounds. There is everywhere a sense of structure, balance, progression, and drama. The photo of the composer on the cover of the disk booklet shows a handsome young man looking smug and sure of himself, and, after hearing his music, you smile with him and agree that he has every right to be proud. Of course Blank isn’t a young man any more; he’s 47 (but he does what I do in portraying himself as he wishes to be seen). The music requires, and receives, state-of-the-art recording.

The trio is pretty scrapy in sound but not gratuitously so. It’s a fascinating work that keeps one’s attention and makes a worthwhile statement. The Anacrousis — a Greek word with several meanings, one of which refers to the loud crashing noise that got the audience’s attention at the beginning of a concert — is one of the best all-percussion works I’ve ever heard. One is not put off by noise, but is drawn into the sound and fascinated by the contrasts and motion. Even the work called Screams for large ensemble is remarkably full of interesting transitions and contrasts. Ebbe(n) means "Ebbtides" and being for full orchestra offers the composer even more opportunities for substantial musical statements and he makes good use of them. All in all I look forward to hearing this disk many more times and to hearing more from William Blank in the future.

 

Paul Shoemaker

  • From RECORDS INTERNATIONAL CATALOGUE MARCH 2005:

"Cries and laments - and outbursts of furious anger - are dominant characteristics of these pieces by a composer with a freely acknowledged social conscience - the protests are against inhumanity and oppression in all its manifestations. Of course, in instumental music such a program cannot be explicitly spelled out, but the post-Second-Viennese expessionism of Blank's chosen vocabulary leaves one in no doubt of the emotional intensity of his extramusical preoccupations. Cris, which embeds the solo line in a barrage of instrumental texture, is especially effective - quite harrowing at times, as the solo protagonist, in extended monologue, strives to be heard through the overwhelming forces of the ensemble. Ebbe(n), too, is a highly concentrated and effective - and unsettling - musical narrative, imbued with a profound sense of melancholy. But this is no expresionistic scream-fest; the music is sophisticated and the composer's innovative use of texture and timbre always meticulously judged and finely etched".

J.D.

  • Revue Musicale Suisse

Le trio Contrechamps, à savoir Isabelle Magnenat (violon), Ruth Killius (alto) et Daniel Haefliger (violoncelle),
donne une fougue peu commune en s'investissant à cordes et à cris dans les saveurs âpres du trio de 1997.
Plus sereine, Anacrousis (2001) nous mène dans les sonorités magiques de percussions essentiellement mé-
talliques. Résonances suspendues, temps élargi, poésie arachnéenne traduite avec sensibilité par Michael
Tschamper.

Cris (1999) nous sort de la musique de chambre pour nous plonger dans la traduction musicale que                                                                                                                                                                                William Blank nous donne du concert des horreurs de l'actualité. Génocides, tortures, souffrance, on est loin de la

symphonie pastorale, mais un compositeur peut-il s'isoler du monde  qui l'entoure? En a-t-il seulement le
droit? Autour d'un piano (David Lively), un ensemble instrumental très coloré (Contrechamps, sous la direction du
compositeur) souligne la polyphonie du soliste, sert de réverbération aux agrégats, laisse une plainte s'élever
dans les airs. Entre deux cris, les moments plus doux ne sont là que pour laisser place au désespoir le plus noir.
Ebbe(n) a été composé au tournant du siècle pour grand orchestre. Mouvement de la nature, mais aussi de l'âme
voire des populations, lorsqu'elles sont massivement déplacées, le reflux (die Ebbe) fait place à la marée basse,
au calme des sentiments, à l'hypothétique apaisement du monde. C'est  cette notion de respiration qui domi-
ne dans cette magnifique page écrite de façon très organique et très sensible. Fabio Luisi, à la tête de l'OSR,
s'implique pleinement dans cette partition d'une riche palette (entre autres, magnifique cadence des bois,
à la fin de l'œuvre) .
Amateurs de soupes répétitives faites de néant (suivez mon oreille droite côté USA), auditeurs de mysti-
cisme commercial (suivez mon oreille gauche au-delà de l'Estonie) passez votre chemin. Voici une musique forte.
Très forte. Toute note a sa raison d'être, rien n'est inutile. Dès lors, il est vain de discourir plus longuement
sur la musique de William Blank.

Thierry Dagon


William Blank

ImageFragments II (1987) pour violoncelle et piano

Fragments I (1987) pour quatuor à cordes

Canti d'Ungaretti (1983) pour contralto et ensemble

Omaggi (1986) pour grand orchestre

guye/risler/sine nomine/chedel/osr/jordan

CD GLY 509 disponible à plain chant - genève

 

 

 


Dans l'Instant

pour clarinette, violoncelle et piano / Ensemble Contrechamps / in Grammont Selection 1




Traces

quatuor à cordes n° 3  / Quatuor Sine Nomine / in Grammont Selection 2

 


Lichtton

pour flûte basse amplifiée et deux percussions amplifiées  / Trio Contexto / Grammont Portrait